22 juin: Samoëns/ Chalets d'Anterne

L'étape est censée être très longue. Nous partons avant le levé du jour. Le crachin nous rattrape alors que nous longeons le Giffre. Un éboulement a détruit le chemin qui surplombe le torrent au niveau des Gorges. Nous faisons un petit détour, et on a tellement de mal à trouver le chemin qui nous permettra de longer le torrent, que nous devons revenir sur nos pas, pour finir par passer par le même endroit. Ce n'est pas mon jour... Nous finissons par atteindre l'impressionnante cascade du Rouget qui arrose copieusement le passage, puis celles de la Pleureuse et de la Sauffaz. C'est la journée cascade! Arrivés au collet d'Anterne, le brouillard nous tombe dessus sans avertissement préalable. Les arbres et les rochers prennent l'allure de combattants issus du néant. Mais cela n'arrange pas trop nos affaires, car nous avons du mal à trouver notre chemin, d'autant plus que les petites touches rouges et blanches du GR se retrouvent de l'autre côté du large torrent d'Anterne, sans que l'on puisse comprendre comment passer. A la nage, bof, ça ne nous enthousiasme pas trop. Il nous faudra du temps pour comprendre que le pont a été emporté. A force de chercher nous trouverons un nouveau pont établi en aval. 
Après la soupe bienvenue du refuge Alfred Wills, nous repartons à l'assaut du col. La visibilité réduite nous contraint à chercher longtemps le passage à travers les névés avec l'impressionnante pointe de Salles qui tente quelques apparitions fugaces à travers le brouillard. Dire que l'avocat anglais Alfreg Wills a taillé sa route sur les faces qui nous surplombent, il y a plus d'un siècle! Nous finissons par trouver le lac encore pris dans la glace. Le col apparaît puis disparaît au dessus en fonction des nuages. Nous croisons un couple de canadiens qui a décidé de faire demi-tour. Le plateau est immense, et avec la neige et le brouillard, on peut tourner des heures pour trouver le bon passage. Nous préférons faire demi-tour pour retourner passer la nuit au chaud au refuge.




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